• Samedi matin à l'Atelier, un jour d'octobre...

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    Comment résister à la lumière ?

    Lumières d'automne

     

    Adeptes du motif ou seulement curieux d'essayer, nous avons quitté notre nid.

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    Tout autour était palette.

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    Des verts d'eau ou de bronze...

    Lumières d'automne

     

     ... aux rouges de feu, et aux ors de la somptueuse saison.

    Lumières d'automne

     

    Doux comme au printemps.

    Lumières d'automne

     

    La fin d'un règne, la douce fragilité des ombres, des pétales encore frais dans le matin.

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    Ces tons subtils en plus.

    Lumières d'automne

     

    Et un petit côté "Giverny" du jardin de Monet, sur une partition nostalgique.

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    Poésie du jardin d'automne, que l'atelier ne regardera bientôt plus que de la fenêtre...

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    Tout était parfait.

     


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  • La soie : support extraordinaire, toujours en mouvement, fusant par capillarité, délicat et pourtant solide, qui permet de peindre à l’aquarelle comme en épaisseur, autorisant toutes les audaces, toutes les expérimentations…

    A l’Atelier, nous avons consacré toute une journée à explorer les techniques propres à ce matériau si particulier.

    Les techniques de la peinture sur soie sont millénaires, l’art d’aujourd’hui les redécouvre pour une approche très contemporaine.

    Tant de possibilités s’offrent à l’artiste qu’il est impossible d’en dresser la liste… Chacun trouvera avec la soie sa propre voie. A condition d’aimer les surprises…

     

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    Traditionnellement on tend la soie sur cadre, (nous verrons que c’est loin d’être une obligation). Et puis on essaie les couleurs sur un petit bout perdu : touches, tache, pulvérisations…

     

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    Quand on aime la couleur, la soie est le support le plus généreux. La moindre tâche est irisée, la couleur est illuminée, satinée par la qualité exceptionnelle de ce textile qui lui permet de voyager par capillarité.

    Sur soie sèche les couleurs se mêlent et créent des nuances et des formes insoupçonnées.

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    Sur soie mouillée, on retrouve les qualités de la peinture à l’aquarelle avec, en plus, les surprises que réserve le support.
    En passant un antifusant, on peint comme sur le papier.

     

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    Dans les techniques traditionnelles, chinoise et japonaise en particulier, on utilise la gutta (à base de latex) qui délimite par cloisons les contours du dessin et empêche la couleur de quitter les limites. Ce qui n’enlève rien aux possibilités créatrices.

     

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    Le batik quant à lui (originaire de Java et très utilisé en Afrique) permet de créer par succession de couches de cire (épargnes) des motifs de couleurs différentes. Autrement dit, la cire crée des réserves qui restent claires.

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    On peut aussi essayer le sel, le savon, le sirop de sucre, l’alcool par petites touches…

    Le sel interagit avec la couleur pour des effets marbrés. Il attire le pigment et laisse une zone plus claire dans son sillage. On peut maîtriser (un peu) ce phénomène en disposant les grains de sel suivant un tracé établi.

     

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    La peinture sur soie froissée est une excellente façon de peindre sans savoir dessiner. (Les effets obtenus sont toujours étonnants. La peinture en séchant produit des taches foncées sur le haut des plis et donne les contrastes. Attention tout de même à ne pas mettre trop de couleurs différentes.)

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    Dans la technique du shibori (Japon), on procède par pliages et ligatures. Ici avec des pois chiches qu’on enveloppe avec un fil bien serré avant la mise en peinture et quelques ficelages plus ou moins aléatoires…

     

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    On plie la soie plusieurs fois et on la ligote avec ficelle (grosses réserves), fil (fines réserves) ou élastiques afin de créer des dessins particuliers.

     

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    Ensuite vient la mise en couleur. Voyons où ces expérimentations nous mènent…

     

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    C’est en dépliant la soie en défaisant les nœuds que l’oeuvre apparaît.

     

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    Et pourquoi pas ? Un peu de tout à la fois…

     

    Ici un petit article qui présente quelques chefs d’oeuvre anciens peints sur la soie :

     


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  • « Nous nous refusons à porter révérence au seul art culturel ». Dubuffet.

     

    Le fond sous la forme ou l’empreinte de Dubuffet (1901-1985.)

    1946 : Dubuffet crée le scandale par qui l’art se révèle au public. Il présente ses peintures faites de matière triturée et de morceaux assemblés. Ses peintures à l’huile, surfaces grattées ou incisées sont couvertes de sable et de gravier, de ficelle et de verre.

     

    Le Géologue.1950. Série des Sols et terrains.

     

    Dubuffet, autodidacte, gribouilleur en révolte contre le monde de l’art, passionné pour l’art des malades mentaux et des non professionnels donne en 1945 à son travail et à ses collections le nom d’« art brut ».

    Son accueil est très controversé.

     

    Lever de lune aux fantômes. 1951. Huile sur isorel.

     

    « Hautes Pâtes » sont sombres, boueuses, épaisses. « Il est vrai que les couleurs qui sont dans ces tableaux ne sont pas des couleurs vives et heurtées comme c’est actuellement la mode, mais qu’elles se tiennent dans des registres monochromes et des gammes de tons composites et pour ainsi dire, innommables. » Dubuffet.

     

    Jean DUBUFFET (1901-1985) Paysage pétrifié, janvier 1952, New York Huile sur

    Paysage pétrifié. 1952. Huile sur toile contrecollée sur panneau d’isorel.

     

    Jean Dubuffet - Paysage à l'auto - Série des pâtes battues - (...)

    Paysage à l’auto. 1953. Série des pâtes battues.

     

    Dans les années 50, Dubuffet réalise ses tableaux à partir d’assemblage d’objets ou d’éléments de la nature. (Assemblages d’empreintes, 1953-1954).

     

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    Texturologie XXVIII.

    Série des Texturologies (1957-1959) : gouttelettes de peinture et de sable projetées sur la toile étendue à terre.

     

    Ajoutons que Dubuffet est aussi un sculpteur de génie. Voici une façon unique d’entrer dans l’oeuvre. Effet saisissant !

     

     

    A l’atelier, nous avons expérimenté le « fond matière » en utilisant poudres et enduits travaillés qui ont contribué à créer des fonds originaux, texturés et créatifs. En voici quelques traces :

     

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    Effets de craquelures (quelquefois sans l’avoir cherché !) et mise en peinture : des étapes délicates qui vont décider du rendu final, lorsque les couches auront fini de se superposer.

     

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    Comme Dubuffet nous l’explique, nous avons ensuite procédé à un rendu des reliefs : « Le pinceau ainsi frotté légèrement n’accroche que les reliefs, tout en laissant un peu fuser les couleurs de la peinture antérieure. (…) Ce n’est pas une seule fois que j’avais à promener mon large pinceau sur le tableau. » Dubuffet.

     

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    Jusqu’au bout l’oeuvre est poncée, frottée, grattée, repeinte ou cirée. Jusqu’à effet désiré.

     

    Pour découvrir toutes nos œuvres sur fonds texturés : Ici.


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  • Ils n’existent pas, mais ils dorment en nous, tous ces visages.

    Apparaissant et disparaissant, au fil de nos rêves et de nos fantasmes.

    Amis, anges gardiens, mémoires oubliées…

    Leur donner vie est un vrai bonheur.

     

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    Quelques coups de fusains aléatoires et déjà quelque chose jusque là invisible et inexistant, émerge de l’ombre.

     

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    La main est savante. Elle sait au-delà des mots traduire et retranscrire quelque chose qui vient de l’intérieur et qu’elle connaît déjà.

     

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    Le beau dessin n’a pas tout dit. Quelques petites entailles à la règle peuvent nous conduire à dépasser des frontières.

    Déchirer, froisser, essayer autre chose…

     

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    L’entrée en scène de la couleur peut maintenant se faire en douceur.

    Quelques papiers colorés feront le passage sans que le mental ait le temps de prendre le contrôle.

     

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    Découper, coller, ajuster, laisser faire, laisser venir…

     

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    Peu à peu, ces visages de l’ombre, qui ne sont personne en particulier et en même temps représentent chacun, soi-même, traversent les voiles.

     

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    Nous avons laissé en arrière plan les habitudes qui entravent et, désormais,  le portrait intuitif se cherche de toutes les manières. Émergent alors, sous la couleur et sous les doigts, émotions, sentiments, profondeurs, blessures, histoires…

     

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    Fermons les yeux encore une fois, et laissons nos mains donner vie à l’invisible, à l’imaginaire, sans frein, sans jugement. Ainsi l’art s’éveille.


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  • L’oiseau bleu. le seul, l’unique, celui de nos rêves d’enfant, des contes, mythes et légendes, oiseau mystique ou spirituel, qui facilite le voyage vers l’au-delà dans l’Egypte Ancienne ou symbole d’élévation, de fécondité ou de prospérité en Asie, bleu parce qu’il communique avec le ciel… Il entrouvre dans le monde des Arts plusieurs portes secrètes et mystérieuses.

    Expliquer pourquoi, qui le peut ? Nous ne pouvons que constater que cet oiseau es présent partout, toujours fascinant, pour toutes les époques.

    Dans le temps de notre réflexion, avant de partir à l’aventure de son propre oiseau intérieur, regardons du côtés des arts anciens. Tout d’abord en Crête, au palais de Cnossos, où nous attend un des plus beaux oiseaux bleus :

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    Fragment de fresque provenant de « la Maison des fresques«  à Cnossos.

    Décor des jardins exotiques royaux au XVIème siècle Av. JC.

     

    Ici, dans l’ancienne Égypte, l’oiseau fabuleux, rattaché au culte du Soleil :

     

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    Scène de chasse aux oiseaux dans le marécage Nebamon (sous Amenhotep III et IV – XVIIIe dynastie).

    Le chasseur surprend une masse d’oiseaux au-dessus d’un bosquet de papyrus. British Museum, Londres

     

    Le symbole de l’oiseau est lié à celui de la plume qui désigne à la fois l’écriture, l’écrivain, l’air, le souffle symbole de vie ou sagesse pour celui qui la porte.

    A Pompéi, on peut croiser une corneille de profil sur une corniche, fidèle au réalisme de la peinture romaine (Maison du Verger), une poule au plumage bleu, un pigeon ramier s’abreuver (Maison du Bracelet d’or), un paon symbole de l’incorruptibilité de la chair (Maison du Cryptoportique)… Ces bleus-là, que de grâce…

     

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    oiseau bleu3

     

    Et le paon de continuer son vol vers l’Asie :

     

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    Maruyama Ôkyo (1733-1795) Paon et pivoines. Kakemono, encre, couleurs et lavis d’or sur soie – 135 x 70 cm – 1768

     

    Maruyama Ôkyo (1733 – 1795) fondateur d’une école de peinture naturaliste, inspiré d’Europe, à une époque où le pays ne s’y est pas encore ouvert, sur les bases de la peinture chinoise de fleurs et d’oiseaux peints d’après nature.

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     Magnifique oiseau bleu qui figure dans un ouvrage du dix-neuvième siècle, intitulé Les oiseaux de la Chine.

    Notre oiseau bleu nous pousse à effectuer un petit tour par l’Australie pour nous conduire à une peintre naturaliste Marion Ellis Rowan (1848-1922) à redécouvrir. Autodidacte de génie, elle nous livre sa propre version de l’animal fabuleux.

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    Les époques croisent les techniques et les modèles d’inspiration mais l’oiseau bleu ne cesse de les traverser toutes.

    Notre peinture moderne ne saurait être en reste :

     

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    L’animal sorcier – Constant (1920 – 2005) – 1949. Huile sur toile. 110 x 85 cm.

    La petite tête bleu de cet oiseau laisse tout l’art moderne en suspens.

     

    Picasso nous livrera sa version bleue, de même que Magritte, Chagall et tant d’autres…
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    A l’atelier, nous avons poursuivi l’oiseau bleu qui dormait en nous.

    Imagination, liberté, synonyme de beauté, de légèreté, de raffinement : quelque chose de somptueux, magique, intime, universel nous a donné rendez-vous.
    mésange

    Au-delà de la forme simple ou complexe, de la difficulté à dessiner un oiseau, nous avons réfléchi à ce que la sensibilité et l’imagination peuvent créer à partir d’une image si pleine de vie et de mystère non résolu.

    C’est ici que notre Oiseau bleu commence à naître.

    Tous nos beaux oiseaux ici :


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