• Ils n’existent pas, mais ils dorment en nous, tous ces visages.

    Apparaissant et disparaissant, au fil de nos rêves et de nos fantasmes.

    Amis, anges gardiens, mémoires oubliées…

    Leur donner vie est un vrai bonheur.

     

    blog 1

     

    Quelques coups de fusains aléatoires et déjà quelque chose jusque là invisible et inexistant, émerge de l’ombre.

     

    Soline _ atelier _ portraits_2016 (44)

     

    La main est savante. Elle sait au-delà des mots traduire et retranscrire quelque chose qui vient de l’intérieur et qu’elle connaît déjà.

     

    Soline _ atelier _ portraits_2016 (49)

     

    Soline _ atelier _ portraits2_2016 (44)

     

    Le beau dessin n’a pas tout dit. Quelques petites entailles à la règle peuvent nous conduire à dépasser des frontières.

    Déchirer, froisser, essayer autre chose…

     

    Soline _ atelier _ portraits_2016 x

     

    L’entrée en scène de la couleur peut maintenant se faire en douceur.

    Quelques papiers colorés feront le passage sans que le mental ait le temps de prendre le contrôle.

     

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    Soline _ atelier _ portraitsxxx_2016 (60)

     

    Découper, coller, ajuster, laisser faire, laisser venir…

     

    Soline _ atelier _ portraits_2016 (25)

     

    Peu à peu, ces visages de l’ombre, qui ne sont personne en particulier et en même temps représentent chacun, soi-même, traversent les voiles.

     

    Soline _ atelier _ portraits_2016 (22)

     

    Nous avons laissé en arrière plan les habitudes qui entravent et, désormais,  le portrait intuitif se cherche de toutes les manières. Émergent alors, sous la couleur et sous les doigts, émotions, sentiments, profondeurs, blessures, histoires…

     

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    Fermons les yeux encore une fois, et laissons nos mains donner vie à l’invisible, à l’imaginaire, sans frein, sans jugement. Ainsi l’art s’éveille.


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  • L’oiseau bleu. le seul, l’unique, celui de nos rêves d’enfant, des contes, mythes et légendes, oiseau mystique ou spirituel, qui facilite le voyage vers l’au-delà dans l’Egypte Ancienne ou symbole d’élévation, de fécondité ou de prospérité en Asie, bleu parce qu’il communique avec le ciel… Il entrouvre dans le monde des Arts plusieurs portes secrètes et mystérieuses.

    Expliquer pourquoi, qui le peut ? Nous ne pouvons que constater que cet oiseau es présent partout, toujours fascinant, pour toutes les époques.

    Dans le temps de notre réflexion, avant de partir à l’aventure de son propre oiseau intérieur, regardons du côtés des arts anciens. Tout d’abord en Crête, au palais de Cnossos, où nous attend un des plus beaux oiseaux bleus :

    oiseau bleu2

    Fragment de fresque provenant de « la Maison des fresques«  à Cnossos.

    Décor des jardins exotiques royaux au XVIème siècle Av. JC.

     

    Ici, dans l’ancienne Égypte, l’oiseau fabuleux, rattaché au culte du Soleil :

     

    atelier_soline_oiseau_egypte

    Scène de chasse aux oiseaux dans le marécage Nebamon (sous Amenhotep III et IV – XVIIIe dynastie).

    Le chasseur surprend une masse d’oiseaux au-dessus d’un bosquet de papyrus. British Museum, Londres

     

    Le symbole de l’oiseau est lié à celui de la plume qui désigne à la fois l’écriture, l’écrivain, l’air, le souffle symbole de vie ou sagesse pour celui qui la porte.

    A Pompéi, on peut croiser une corneille de profil sur une corniche, fidèle au réalisme de la peinture romaine (Maison du Verger), une poule au plumage bleu, un pigeon ramier s’abreuver (Maison du Bracelet d’or), un paon symbole de l’incorruptibilité de la chair (Maison du Cryptoportique)… Ces bleus-là, que de grâce…

     

    oiseau bleu3

     

    oiseau bleu3

     

    Et le paon de continuer son vol vers l’Asie :

     

    atelier_soline_paon_bleu atelier_soline_paon

    Maruyama Ôkyo (1733-1795) Paon et pivoines. Kakemono, encre, couleurs et lavis d’or sur soie – 135 x 70 cm – 1768

     

    Maruyama Ôkyo (1733 – 1795) fondateur d’une école de peinture naturaliste, inspiré d’Europe, à une époque où le pays ne s’y est pas encore ouvert, sur les bases de la peinture chinoise de fleurs et d’oiseaux peints d’après nature.

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     Magnifique oiseau bleu qui figure dans un ouvrage du dix-neuvième siècle, intitulé Les oiseaux de la Chine.

    Notre oiseau bleu nous pousse à effectuer un petit tour par l’Australie pour nous conduire à une peintre naturaliste Marion Ellis Rowan (1848-1922) à redécouvrir. Autodidacte de génie, elle nous livre sa propre version de l’animal fabuleux.

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    Les époques croisent les techniques et les modèles d’inspiration mais l’oiseau bleu ne cesse de les traverser toutes.

    Notre peinture moderne ne saurait être en reste :

     

    cobra

    L’animal sorcier – Constant (1920 – 2005) – 1949. Huile sur toile. 110 x 85 cm.

    La petite tête bleu de cet oiseau laisse tout l’art moderne en suspens.

     

    Picasso nous livrera sa version bleue, de même que Magritte, Chagall et tant d’autres…
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    A l’atelier, nous avons poursuivi l’oiseau bleu qui dormait en nous.

    Imagination, liberté, synonyme de beauté, de légèreté, de raffinement : quelque chose de somptueux, magique, intime, universel nous a donné rendez-vous.
    mésange

    Au-delà de la forme simple ou complexe, de la difficulté à dessiner un oiseau, nous avons réfléchi à ce que la sensibilité et l’imagination peuvent créer à partir d’une image si pleine de vie et de mystère non résolu.

    C’est ici que notre Oiseau bleu commence à naître.

    Tous nos beaux oiseaux ici :


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  • Traces, empreintes... depuis toujours nous appliquons les méthodes les plus simples pour réaliser sans presse ni outil compliqué des œuvres magistrales.

    Le procédé s'appelle l'estampe et donnera ensuite tous les dérivés de la gravure, si riche et complexe.

     

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    L'estampe, (d'origine germanique : stampôn : écraser, frapper, puis de l'italien stampa, impression, tirage), est un procédé qui ne nécessite que la paume pressant le papier, ou un simple outil de frottement.

    Travail sur de la peau, du bois ou de la pierre, l'artiste applique et presse méticuleusement pour imprimer une trace, laisser une empreinte.

    Identique aux premiers gestes de ces artistes si anciens qu'on ne sait pratiquement plus rien d'eux.

     

    Peintures rupestres de Perito Moreno, en Patagonie

    Peintures rupestres. Patagonie.

     

    Comme nous, ils couvrent la pierre ou le bois de pigments et pressent sur une surface de la main ou de l'outil le plus simple et le plus adapté.

    Le bois gravé pressé est aussi une estampe.

     

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    Le monotype, en estampe, est donc un procédé d'impression sans gravure qui produit un tirage unique sur verre, métal, plexiglas... obtenu par pressage.

     

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    A l'atelier, nous nous sommes servis d'une simple plaque de plexiglas.

     

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    En exerçant une pression à certains endroits on obtient différentes valeurs.

     

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    Le support n'étant pas gravé, il peut resservir pour d'autres monotypes après nettoyage.

     

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    Le résidu d'encre peut donner une nouvelle empreinte, même s'il s'agit toujours d'un tirage unique.

     

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    Étonnantes petites empreintes, traces et taches que sont ces monotypes.

     

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    On trouve des monotypes dans toute l'histoire des œuvres d'art.

    Degas en a produit de nombreux.

     

    Edgar Degas French, 1834-1917 Monotype in oil colors on paper comp: 11-7/8 x 15-5/8 in. (30.2 x 39.7 cm); sheet: 12-1/8 x 16-1/16 in. (30.8 ...:

    Edgar Degas. Monotype huile sur papier.

     

     
     Raoul UBAC. (1910-1985)
     Kleiner Reiter. 1953. Monotype.  31 x 48 cm. 
     
     
     

     


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  • « Nous nous refusons à porter révérence au seul art culturel". Dubuffet.

     

    Le fond sous la forme ou l'empreinte de Dubuffet (1901-1985.)

    1946 : Dubuffet crée le scandale par qui l'art se révèle au public. Il présente ses peintures faites de matière triturée et de morceaux assemblés. Ses peintures à l'huile, surfaces grattées ou incisées sont couvertes de sable et de gravier, de ficelle et de verre.

     

    Le Géologue.1950. Série des Sols et terrains.

     

    Dubuffet, autodidacte, gribouilleur en révolte contre le monde de l'art, passionné pour l'art des malades mentaux et des non professionnels donne en 1945 à son travail et à ses collections le nom d'« art brut ».

    Son accueil est très controversé.

     

    Lever de lune aux fantômes. 1951. Huile sur isorel.

     

    « Hautes Pâtes » sont sombres, boueuses, épaisses. « Il est vrai que les couleurs qui sont dans ces tableaux ne sont pas des couleurs vives et heurtées comme c'est actuellement la mode, mais qu'elles se tiennent dans des registres monochromes et des gammes de tons composites et pour ainsi dire, innommables. » Dubuffet.

     

    Jean DUBUFFET (1901-1985) Paysage pétrifié, janvier 1952, New York Huile sur

    Paysage pétrifié. 1952. Huile sur toile contrecollée sur panneau d'isorel.

     

    Jean Dubuffet - Paysage à l'auto - Série des pâtes battues - (...)

    Paysage à l'auto. 1953. Série des pâtes battues.

     

    Dans les années 50, Dubuffet réalise ses tableaux à partir d'assemblage d'objets ou d'éléments de la nature. (Assemblages d'empreintes, 1953-1954).

     

    Image1

    Afficher l'image d'origine

    Texturologie XXVIII.

    Série des Texturologies (1957-1959) : gouttelettes de peinture et de sable projetées sur la toile étendue à terre.

     

    Ajoutons que Dubuffet est aussi un sculpteur de génie. Voici une façon unique d'entrer dans l'oeuvre. Effet saisissant !

     

     

    A l'atelier, nous avons expérimenté le "fond matière" en utilisant poudres et enduits travaillés qui ont contribué à créer des fonds originaux, texturés et créatifs. En voici quelques traces :

     

    P1470902

     

    P1470474

     

    Effets de craquelures (quelquefois sans l'avoir cherché !) et mise en peinture : des étapes délicates qui vont décider du rendu final, lorsque les couches auront fini de se superposer.

     

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    Comme Dubuffet nous l'explique, nous avons ensuite procédé à un rendu des reliefs : « Le pinceau ainsi frotté légèrement n'accroche que les reliefs, tout en laissant un peu fuser les couleurs de la peinture antérieure. (...) Ce n'est pas une seule fois que j'avais à promener mon large pinceau sur le tableau. » Dubuffet.

     

    P1470352

    Jusqu'au bout l'oeuvre et poncée, frottée, grattée, repeinte ou cirée. Jusqu'à effet désiré.

     

    Pour découvrir toutes nos œuvres sur fonds texturés : Ici.

     


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  • De tout temps les artistes ont peint l’endroit où ils travaillent. On peut se demander pourquoi ?

    Nous avons tous à l’esprit une représentation mythique d’un artiste solitaire, inspiré, face à face avec son autoportrait, sa muse, son chevalet de bois, sa toile blanche, en quête d’inspiration. Le lieu de l’atelier, où naît et croît la création est un « espace magique ».

     

    Vermeer. L'atelier du peintre.1665-67, Huile sur toile.

     

    L’Atelier du peintre (1670) de Veermer est à ce titre exemplaire : voici un lieu rêvé par l’artiste, plein de symboles savamment orchestrés : couronne de lauriers, instrument de musique, livre, carte... Cet hommage à la peinture est aussi un hommage aux autres arts et aux sciences. La muse est donc « extérieure » à la vie du peintre à laquelle il demande sagesse et connaissance.

     

     

    Adriaen van Ostade. L’Atelier du peintre, vers 1670-1675.

     

    Le tableau de van Ostade, quant à lui, nous donne à voir le lieu du labeur bien plus que celui de l’inspiration. Travail, connaissance et instruction sont les outils du peintre, artisan proche des « petits métiers » bien plus que des honneurs. Le message est clair. Il s'agit tout d’abord d'une apologie de l’effort.

    Mais le monde moderne voit les choses autrement.

    C’est le monde qui vient se faire peindre chez moi dit Courbet de son tableau : L'atelier du peintre.

     

     

    Gustave Courbet. L’Atelier du peintre1855.  

     

    Artiste à son chevalet, modèle, puis un paysan, une femme du monde, son mari, des poètes, des musiciens, des amoureux… Courbet avait dit lui-même : Vous comprendrez comme vous pourrez. Les gens qui veulent juger auront de l’ouvrage, ils s’en tireront comme ils pourront. En sous-titre on peut lire : Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique. En effet, comprenne qui pourra… 

    L’artiste qui choisit de se mettre en scène (ou de faire poser un autre artiste, quelquefois l’un dans l’atelier de l’autre…) lance une sorte d’invitation à passer dans les coulisses de sa perception intérieure.

    Nous sommes donc passés peu à peu de la représentation du lieu du labeur et de l’étude à une allégorie de la vie intérieure de l’artiste.

     

     

    Henri Fantin-Latour. Un atelier aux Batignolles. 1870. 

     

    Nous sommes au siècle où les intellectuels se reconnaissent et se retrouvent : une communauté et des liens entre salons de refusés et auteurs en révolte, dans l’atelier (mythique !) de celui qui les représente et les défend ?

    Henri Fantin-latour nous en offre ici un un hommage et un témoignage historique. Nous sommes dans l'atelier de Manet avec Astruc, peintre, poète, sculpteur et critique d'art qui défend Courbet, Manet et le groupe impressionniste très attaqué, puis Scholderer, Renoir, Zola qui défend lui aussi les impressionnistes,  Maître, Monet, Bazille.

     

     

     

    Matisse. L’atelier sous les toits. 1903. - L'artiste et son modèle. 1919.

     

    L’atelier est aussi témoignage, tel ce grenier de bohème (L’atelier sous les toits de Matisse) qui se transformera avec le temps en salon de l'intimité (Matisse, Bonnard) ou en glorieuse galerie. (L’atelier de Bazille par Manet).

     

     

    L'atelier du peintre

    L'atelier du peintre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Manet. L'atelier de Bazille. 1870. 

    Marquet. Matisse dans l'atelier de Manguin. 1905. 

    Ici on peut lire la respectabilité enfin acquise, (où rêvée), le statut d’un peintre sorti de l’ombre ou encore la reconnaissance d’un artiste envers un autre. (Marquet peignant Matisse peignant chez Manguin où le premier plan est réservé au modèle, peinture qui déclare la naissance du fauvisme).

    Picasso est moins factuel avec son œuvre Le peintre et son modèle (1914) qui figure de manière différente un thème qui va évoluer en même temps que sa peinture à travers une série.

     

     

     

     

    Picasso. L'Atelier II. Cannes. 1956.

     

    Cet atelier fermé au monde, Picasso nous l'a ouvert par sa peinture. Et bien mieux qu’un état des lieux véritable, l’artiste à donné à voir son monde intérieur, bien plus vaste que ce que les murs peuvent nous en dire.

     

    L'atelier du peintre

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Louis Pierre Amiel - L’Atelier du peintre. Pastel.

     

     

    L’espace créatif de l’artiste ouvre les frontières pour laisser entrevoir toute la sensibilité, l’esprit d'un monde imaginaire et son illimité. Cette fois nous sommes dedans, et en même temps tout est ouvert sur le dehors. Pénétrer l’atelier c’est comme entrer dans cet illimité-là, étrange, singulier, unique.

    Presque tous les peintres l'ont fait.

    Si l'on veut rencontrer l'âme de l'artiste, poussons tout doucement la porte de son atelier.

    Ici, à découvrir si cela n'est pas déjà fait, la magnifique oeuvre de Sam Szafran, en commençant par son atelier bien sûr... 

     

     

     

    Sam Szafran. L'atelier.

     

    "L'Atelier de la rue de Crussol", pastel sur papier (février 1972).

     

     

    Sam Szafran. L'atelier. 1972.

     

    Qui sommes-nous nous-mêmes dans notre propre atelier ? (Quelquefois un coin de salon, un sous sol ou un grenier aménagé un peu trop sombre, le fond d’un appentis de jardin…) Peu importe, c’est tout un monde qui ouvre l’acte artistique, pulvérisant les cloisons, les manques de clarté, l’exiguïté… Le monde intérieur est si vaste qu’il peut même devenir illimité, comme l’est le pouvoir créateur.

     

     

    Tous nos travaux sur le thème.

    Aller plus loin ensemble :

     


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